Books, catalogs, DVD Jansem - Extracts

Jansem – Paysages, 1933 – 2007

Livre relié, couverture rigide avec jaquette – 25 cm x 33 cm – 216 pages
Editions Reflets des arts et Galerie Matignon, 2009.
50 €

Le livre est disponible à la Galerie Matignon ou sur commande.

Texte de Guy Vignoht, critique d’art (extraits) :

« Avec le Temps, les paysages de Jansem sont devenus une célébration de la lumière. Une technique personnelle pour un art intelligible à tous dans la tradition de la grande peinture française.

Très jeune, naissaient en lui les paysages noués à ses voyages, ses Géorgiques, ses Pastorales. Epoque de ses premiers paysages rigoureusement structurés, aux couleurs sobres dans un dessin appuyé, dans une matière robuste qui accroche une lumière grave.

Dès 1950 il va découvrir, en nombreux voyages, l’Espagne (période sombre), l’Italie et la Grèce. Son paysage d’Ibiza de 1955 est pétri d’un silence cistercien : maisons corrodées, désarticulées, amputées par l’usure du temps, oubliées des hommes… Ils sont bien plus que des musardises autour de la MARE NOSTRUM, des visions arcadiennes de ses terres dépouillées, que Jansem scrute comme un Paradis perdu. Avec sa palette de poussières de dunes, d’ocres rosés, de lactescences fiancées aux gris, tolérant quelques verts, quelques ambres broyés… Sa mine de plomb dessine. La Toscane. Volterra, Arsoli, Orvieto, Urbino, San Gemignano, Anticoli. Le parc national des Abruzzes. Puis cap sur les monts déchiquetés, ravinés des Albères, le cap Cerbère et Collioure. Il réserve ses bleus d’Armor à la Bretagne. Soliloques avec les terres pauvres. Pétrifiées. Sablées d’ocres sous ses linéaments sans retouche. Surprenez le devant les collines arides des Balzes en Italie, lorsqu’il donne un visage nouveau à ces terres de miel sous la cadence fluide de ses traits purs. Une éternité. Ici, on croit entendre l’andante du vingt et unième Concerto de Mozart… Il peint un mur ocre rouge aux soupçons de graffitis… Deux arbres morts dans leur éternité de blancheur. Les rues. Les marchés…La Guadeloupe…

Jansem est un peintre habité par ses racines. Il voyage en Arménie, va peindre le Lac Sevan, l’immuable blancheur de ses eaux contrastant aux mille gris fondus de la montagne. Par l’intensification des espaces, une vision largement traitée en à-plats, il évolue vers une conception de l’immensité depuis de nombreuses années. Par le style grandiose de ses dessins et de ses peintures pour son chant du monde, il nous fait entendre ses murmures de rêverie. Une respiration spatiale, une vibration atmosphérique que Claude Gellée, le Lorrain, aurait aimée.

Ce « semeur de solitude » (Claudel) revient à Issy-les-Moulineaux chargé de ses moissons de dessins… Sans doute pense-t-il comme Francis Gruber, mort en 1948, que « Toute belle peinture est profondément la Nature ». Jansem l’embellit dans sa vérité… Le Pont de Mazorbo, pont à la silhouette esquissée, zeste d’ébène du réalisme d’antan. Magique toile lavée de lumière opaline, irisée, marmoréenne vision des eaux fiancées au ciel. Voici le Temps indéfini.  Il peint non pas ce qu’il a cru voir mais ce qu’il a vu. Il peint ce qui fleurit en lui.»